04/06/2007
Le Père Noël existe.....
La grande maison à coté de chez nous est habitée par un ancien capitaine à la retraite.
Leur petite fille a mon âge. Espiègle, effrontée, elle sera deux ans ma camarade de classe. Et nous quittera ensuite pour aller habiter Paris.
Son idole est Brigitte Bardot .
Elle sera plus tard Caroline Cartier, actrice de cinéma.
Son jeune oncle, est passionné de politique, il met régulièrement la maison en ébullition.
Lorsque nous l’entendons jouer frénétiquement du piano, nous savons que l’orage a éclaté entre lui et son père Gaulliste.
Comme il le respecte, c’est le piano qui trinque.
Il rejoindra sa sœur et sa nièce et deviendra journaliste dans un grand quotidien.
Je vous ai dit que l’école rassemble tout un panel de nationalités.
Dans le secteur Français se trouve la nouvelle Piaf des années
60 :
Mireille Mathieu, accompagnée d’ une ribambelle de frères et sœurs.
Nous avons une directrice, madame Julien, qui suit de près l’évolution des élèves de son école. Mes difficultés sont grandes à cause de ce nouvel idiome, elle convoque mes
parents :
- « Il faut qu’elle reste à l’étude, je me charge de superviser ses devoirs, je l’aiderai au besoin. »
Je récupère de ce fait assez rapidement le niveau des élèves de mon âge. Ma vie d’écolière s’ améliore aussi.
Grand soulagement de mes parents désarmés devant la complexité du français. Eux gardent les coupures de journaux et apprennent les mots par cœur.
Papa après les journées sur le chantier, travaille très tard au
jardin , bêche, sème, sarcle, arrose et élève lapins, poules , pigeons , canards dans la mare qui a été comblée depuis.
A l’approche de Noël, les copines à l’école ne parlent que du « Père Noël ».
Pour moi, c’est une découverte.
En Espagne, le soir de Noël je mettais une bûche et les chaussures dans un coin de la salle à manger.
Le lendemain, je trouvais à proximité des friandises, à condition d’ avoir été sage.
Pour les jouets il fallait attendre, l’ arrivée des rois le 5 janvier.
La coutume existe toujours, dans toutes les villes et villages d’Espagne, ils distribuent des bonbons en ramassent les lettres d’ enfants, sur les ramblas.
Le 6 janvier les jouets sont apportés aux enfants par les Rois.
Courant novembre, la mémé bienfaitrice a été hospitalisée.
Avant de partir elle a appelé mon père :
- « Manuel, la maison doit restée occupée.
Ramona accouchera en janvier; l’hiver est rude chez nous .
Tu installes ta famille ici.
J’ai averti le propriétaire, tu continues à lui payer le loyer comme d’habitude. »
Qu’elle merveille d’avoir une chambre pour ma sœur et moi; une grande cuisine chauffée par un poêle à charbon et sur lequel maman va pouvoir nous cuisiner à nouveau les plats succulents dont elle a le secret.
Mes parents ont une chambre à côté de la cuisine, et c’est par là que nous accédons aux 2 pièces de l’étage qui vont devenir les chambres des enfants.
Pour ce qui est du confort ? Rien !
L’eau de la pompe à l’extérieur; pas de salle de bain et surtout pas de toilette, une cabane dans le jardin en fait office.
Pour l’eau chaude, une immense marmite se trouve en permanence sur le coin du poêle, un grand baquet en zinc sert de baignoire.
Nous allons avoir notre première fête française.
Qu’elle impression étrange, je suis partagée par l’allégresse des préparatifs de Noël et par la nostalgie des personnes et du confort laissés au ‘’pays‘’.
Toute la journée maman s‘est démenée.
Papa a coupé une branche de cyprès pour faire un arbre de Noël. Pas question d’acheter un sapin, le budget est serré.
Il est beau notre arbre, il fait rire les petites voisines, qu’elle importance.
Pour nous c’est merveilleux.
Ce soir l’ ambiance à la maison est joyeuse, douce chaleur,
nous allons recevoir nos premiers invités : l’ oncle et sa compagne, sa fille, la famille catalane qui nous a trouvé ce ‘’paradis’’ inespéré.
La gaieté accompagne le repas. Maman est, pour une des premières fois depuis longtemps : souriante et c’est communicatif.
Elle se démène avec son gros ventre.
Dans la maison se trouve un vieux phonographe avec une pile de vieux 78 tours. La voix de Tino Rossi entonne « Petit Papa Noël ».
Toc ! Toc ! Toc. On frappe à la porte. Effrayée, je me blotti dans les bras de papa.
Qui arrive ?
La porte s’ouvre en grand.
Le bonhomme vêtu de rouge est sur le seuil, les bras chargés de cadeaux.
Mon premier Père Noël :
La poupée que je découvre est presque aussi grande que moi, ma sœur, la bout en train, a décidé de faire du tricycle dans la maison.
Cette nuit là, pour la première fois depuis notre arrivée en France, ce rêve tenace ne viendra pas troubler mon sommeil :
« Je suis couchée dans mon lit, une spirale tournant à toute vitesse et venant de très loin, me submerge et m’ emporte dans un vide sans fin. Je tombe, je tombe, je ... »
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Commentaires
Continues, s'il tu plait! Une lampe-torche a l'histoire que nous puisse appreciez plus l'epoch ou nous sommes! Merci, et n'arretes pas, s'il tu plait!
Ecrit par : elma | 21/01/2005
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