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Musique

  • Au printemps....

    Jean Ferrat

    Au printemps de quoi rêvais-tu?

    Vieux monde clos comme une orange,
    Faites que quelque chose change,
    Et l'on croisait des inconnus
    Riant aux anges
    Au printemps de quoi rêvais-tu?

    Au printemps de quoi riais-tu?
    Jeune homme bleu de l'innocence,
    Tout a couleur de l'espérance,
    Que l'on se batte dans la rue
    Ou qu'on y danse,
    Au printemps de quoi riais-tu?

    Au printemps de quoi rêvais-tu?
    Poing levé des vieilles batailles,
    Et qui sait pour quelles semailles,
    Quand la grève épousant la rue
    Bat la muraille,
    Au printemps de quoi rêvais-tu?

    Au printemps de quoi doutais-tu?
    Mon amour que rien ne rassure
    Il est victoire qui ne dure,
    Que le temps d'un Ave, pas plus
    Ou d'un parjure,
    Au printemps de quoi doutais-tu?

    Au printemps de quoi rêves-tu?
    D'une autre fin à la romance,
    Au bout du temps qui se balance,
    Un chant à peine interrompu
    D'autres s'élancent,
    Au printemps de quoi rêves-tu?

    D'un printemps ininterrompu

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  • Federico Garcia



    Les guitares jouent des sérénades
    Que j'entends sonner comme un tocsin
    Mais jamais je n'atteindrai Grenade
    "Bien que j'en sache le chemin"

    Dans ta voix
    Galopaient des cavaliers
    Et les gitans étonnés
    Levaient leurs yeux de bronze et d'or
    Si ta voix se brisa
    Voilà plus de vingt ans qu'elle résonne encore
    Federico García

    Voilà plus de vingt ans, Camarades
    Que la nuit règne sur Grenade


    Il n'y a plus de prince dans la ville
    Pour rêver tout haut
    Depuis le jour où la guardia civil
    T'a mis au cachot

    Et ton sang tiède en quête de l'aurore
    S'apprête déjà
    J'entends monter par de longs corridors
    Le bruit de leurs pas

    Et voici la porte grande ouverte
    On t'entraîne par les rues désertées
    Ah! Laissez-moi le temps de connaître
    Ce que ma mère m'a donné

    Mais déjà
    Face au mur blanc de la nuit
    Tes yeux voient dans un éclair
    Les champs d'oliviers endormis
    Et ne se ferment pas
    Devant l'âcre lueur éclatant des fusils
    Federico García

    Les lauriers ont pâli, Camarades
    Le jour se lève sur Grenade

    Dure est la pierre et froide la campagne
    Garde les yeux clos
    De noirs taureaux font mugir la montagne
    Garde les yeux clos

    Et vous Gitans, serrez bien vos compagnes
    Au creux des lits chauds
    Ton sang inonde la terre d'Espagne
    O Federico

    Les guitares jouent des sérénades
    Dont les voix se brisent au matin
    Non, jamais je n'atteindrai Grenade
    "Bien que j'en sache le chemin"

    JEAN FERRAT