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vie

  • C'est bien l'hiver.

    Nous y sommes, il est enfin arrivé l'hiver.............

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    Six mois se sont écoulés depuis mes dernières photos ! Ils ont été riches en évènements heureux et moins heureux !
    Je dirai c'est simplement la vie.

     

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  • Mes angines.

    Une fois par mois, se produisait ce scénario :

    - « maman je ne peux pas aller à l’école j’ai mal à la gorge. »

    Ma mère me prenait la tête entre ses deux mains, posait ses lèvres sur mon front, pour évaluer ma température.
    Moment délicieux que celui là, ses baisers étaient entre temps inexistants.
    Effectivement une nouvelle angine et la fièvre me clouaient au lit . Le médecin confirmait.
    Remède : piqûres de pénicilline , c’était la grande mode.



    Une sage femme, accoucheuse la nuit, d’ origine suisse, était venue s’installer au dessus de la boulangerie de la route de Lyon. Elle faisait office d’infirmière de quartier le jour.
    Se déplaçant à bicyclette, du 1er janvier au 31 décembre. Mistral de face ou dans le dos, jusqu’après l’âge de 85 ans, toujours à la même vitesse d’un escargot en vadrouille ( son vélo suisse avait le frein sur pédalage rétro).

    De son sac elle tirait une boîte métallique chromée de laquelle elle extirpait aiguille et seringue. Elle demandait une casserole dans laquelle elle faisait bouillir de l’eau, sa seringue et les aiguilles.

    En attendant la « stérilisation » et l’entartrage du matériel , on lui offrait le café, elle nous racontais ses fantasmes.
    Amoureuse de Gérard Philippe la ‘’coqueluche’’ des Avignonnais. Elle le voyait à tous les coins de rue :

    - « Madame Ramona, si vous voyez le jeune garçon de la villa Delorme, face à la boulangerie … Je viens de lui faire une anti-tétanique . Mais qu’il est beau ! La tête crachée de Gérard. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui caresser le dos … quel dos ! … Ah s’il avait 10 ans de plus … » 

    Une fois le café avalé, j’avais droit à son injection.
    Cela a duré deux ans, puis, un jour plus rien , si ce n’est une
    hépatite C , sortie de sa seringue et décelée 20 ans après.
    Daniel, le ‘’Gérard Philippe’’ voisin, avait certainement eu le privilège d’un traitement de faveur : seringue, aiguille neuve et stériles, puisqu’il n’a pas eu de jaunisse.

    Je m’acclimatais . Mes rêves peu à peu s’espacèrent, les tourbillons ne me submergeaient plus.
    Un matin, une lettre timbrée de Tarrega en Espagne, mit la maison en fête.
    Jean le jeune frère de Ramona, demandait si nous pouvions l’accueillir avec son épouse et le bébé Joseph.
    La chambre au premier fut aménagée pour recevoir ces chers parents.

    Leur arrivée coïncida avec un hiver des plus rigoureux, fin février1956.
    Dans le four du poêle chauffaient en permanence des briques de terre cuite, le soir nous les enroulions de papier journal pour les mettre dans nos lits.
    Il y gelait dans les chambres .
    Au moment d’aller nous coucher, mon père enflammait de l’alcool à brûler dans une casserole ; une douce chaleur passagère nous aidait dans la séance de déshabillage.
    Notre respiration faisait dans la chambre, comme la vapeur qui s’échappait de la bouilloire sur le poêle et se condensait sur les murs qui coulaient l’eau. Les vitres se couvraient de glace.

    Il a neigé énormément et gelé à moins 20 par dessus.
    Pour les enfants ce fut un émerveillement.
    Nous découvrions la neige pour la première fois.

    Avant le rire des enfants sortis pour faire le bonhomme de neige, le silence feutré de la campagne fut brisé dans la nuit par l’éclatement des troncs d’oliviers en végétation avancée. Ce fut une catastrophe.

    Les chantiers se sont arrêtés pour cause d’intempéries, je vis mon père resté à la maison, pour la première et dernière fois de sa vie, participer aux tâches ménagères.
    Difficile de se défaire des coutumes hispaniques : un homme, même catalan, surpris avec un balais dans les mains, était catalogué de : "maricon".
    Alors avec une serpillière ?

  • Avignon, ville d'eaux.


    Pas besoin d’un sourcier autour d’Avignon pour trouver l’eau.
    Les remparts protègent du côté nord, les coups du Rhône vif. Au sud, la vivacité des eaux claires de la Durance sont endiguées jusqu’au grand fleuve.
    Entre les deux, un réseau de sorgues et de canaux partagent aux paysans les eaux claires issues de Fontaine de Vaucluse .
    Ces sorgues, passent même sous les remparts pour aller faire tourner les roues de la rue des roues et des teinturiers.
    Puis se perdaient sous la vieille ville, devenant égout; se mêlant aux caves et sous-terrains ’’secrets’’, qu’empruntaient les papes, pour rejoindre leurs maîtresses.
    Aujourd’hui, le domaine des rats, qui attendent patiemment la prochaine épidémie de peste, en faisant des razzias dans les cuisines des bouibouis servant la bouffe infecte aux heureux festivaliers.
    Puis ces eaux chargées, allaient enfin engraisser, les ablettes, anguilles, chevesnes, barbeaux (pas ceux de la rue de la bourse, non) …
    Les Aloses, en excursion printanière, évitaient les vire-vires installés sur les berges du Rhône, qui toutefois en piégeaient quelques unes pour nos assiettes, le jour de la communion solennelle .
    Le bac à traille, attaché à son câble, nous faisait faire la croisière entre quai de la ligne et l’Ile de la
    Barthelasse …


    Tout était réuni pour qu’enfin Ramona, enceinte jusqu’au cou, finisse de déprimer.
    Mais un jour l’ eau de la nappe phréatique est monté au niveau des racines de nos salades.
    Nous sommes allés jeter un coup d’œil au passage à niveau de la voie SNCF qui sert au quartier de digue de protection.

    Le fleuve boueux, recouvrait le chemin de halage et ‘’charriait’’.
    Les riverains faisaient provision de bois de chauffage ; équipés de tridents accrochés à une corde, ramenaient les troncs d’arbres sur la rive.
    L’ île de la Barthelasse en face, était déjà sous les eaux. Les animaux parqués sur des monticules aménagés.
    Le lendemain, les enfants des jardins neufs étaient absents à l’école. Ils aidaient les parents à mettre les meubles du rdc hors de portées des eaux, avant de sortir leurs radeaux de fortune, confectionnés avec de vieilles planches liées sur des bidons.
    Ils allaient pouvoir s’éclater quelques jours. Habitués et entraînés aux inondations ( trois ou quatre fois l’an).
    Les annonces disaient que l’Ardèche et l’Ouvèze en amont donnaient à plein régime et que la Durance remplissait son lit en allant couper le cours du Rhône sous Avignon.
    Le 7eme Génie a déposé des barques autour et dans les points bas de la ville.
    Les portes des remparts ont été obturées avec batardos, du fumier et des sacs de sable. L’eau montait toujours, le soir même elle était dans notre cour.
    Dans la nuit, les pompiers ont chargé Ramona dans leur barque et ont ramé jusqu’à la maternité située à deux kilomètres.
    Le lendemain matin, Manuel très joyeux nous annonçait que nous avions un petit frère…

  • Le Père Noël existe.....

    La grande maison à coté de chez nous est habitée par un ancien capitaine à la retraite.
    Leur petite fille a mon âge. Espiègle, effrontée, elle sera deux ans ma camarade de classe. Et nous quittera ensuite pour aller habiter Paris.

    Son idole est Brigitte Bardot .
    Elle sera plus tard Caroline Cartier, actrice de cinéma.

    Son jeune oncle, est passionné de politique, il met régulièrement la maison en ébullition.
    Lorsque nous l’entendons jouer frénétiquement du piano, nous savons que l’orage a éclaté entre lui et son père Gaulliste.
    Comme il le respecte, c’est le piano qui trinque.


    Il rejoindra sa sœur et sa nièce et deviendra journaliste dans un grand quotidien.

    Je vous ai dit que l’école rassemble tout un panel de nationalités.
    Dans le secteur Français se trouve la nouvelle Piaf des années
    60 :
    Mireille Mathieu, accompagnée d’ une ribambelle de frères et sœurs.

    Nous avons une directrice, madame Julien, qui suit de près l’évolution des élèves de son école. Mes difficultés sont grandes à cause de ce nouvel idiome, elle convoque mes
    parents :

    - « Il faut qu’elle reste à l’étude, je me charge de superviser ses devoirs, je l’aiderai au besoin. »

    Je récupère de ce fait assez rapidement le niveau des élèves de mon âge. Ma vie d’écolière s’ améliore aussi.

    Grand soulagement de mes parents désarmés devant la complexité du français. Eux gardent les coupures de journaux et apprennent les mots par cœur.

    Papa après les journées sur le chantier, travaille très tard au
    jardin , bêche, sème, sarcle, arrose et élève lapins, poules , pigeons , canards dans la mare qui a été comblée depuis.

    A l’approche de Noël, les copines à l’école ne parlent que du « Père Noël ».
    Pour moi, c’est une découverte.
    En Espagne, le soir de Noël je mettais une bûche et les chaussures dans un coin de la salle à manger.
    Le lendemain, je trouvais à proximité des friandises, à condition d’ avoir été sage.
    Pour les jouets il fallait attendre, l’ arrivée des rois le 5 janvier.
    La coutume existe toujours, dans toutes les villes et villages d’Espagne, ils distribuent des bonbons en ramassent les lettres d’ enfants, sur les ramblas.

    Le 6 janvier les jouets sont apportés aux enfants par les Rois.

    Courant novembre, la mémé bienfaitrice a été hospitalisée.
    Avant de partir elle a appelé mon père :

    - « Manuel, la maison doit restée occupée.
    Ramona accouchera en janvier; l’hiver est rude chez nous .
    Tu installes ta famille ici.
    J’ai averti le propriétaire, tu continues à lui payer le loyer comme d’habitude. »

    Qu’elle merveille d’avoir une chambre pour ma sœur et moi; une grande cuisine chauffée par un poêle à charbon et sur lequel maman va pouvoir nous cuisiner à nouveau les plats succulents dont elle a le secret.

    Mes parents ont une chambre à côté de la cuisine, et c’est par là que nous accédons aux 2 pièces de l’étage qui vont devenir les chambres des enfants.

    Pour ce qui est du confort ? Rien !

    L’eau de la pompe à l’extérieur; pas de salle de bain et surtout pas de toilette, une cabane dans le jardin en fait office.

    Pour l’eau chaude, une immense marmite se trouve en permanence sur le coin du poêle, un grand baquet en zinc sert de baignoire.

    Nous allons avoir notre première fête française.
    Qu’elle impression étrange, je suis partagée par l’allégresse des préparatifs de Noël et par la nostalgie des personnes et du confort laissés au ‘’pays‘’.
    Toute la journée maman s‘est démenée.
    Papa a coupé une branche de cyprès pour faire un arbre de Noël. Pas question d’acheter un sapin, le budget est serré.
    Il est beau notre arbre, il fait rire les petites voisines, qu’elle importance.
    Pour nous c’est merveilleux.

    Ce soir l’ ambiance à la maison est joyeuse, douce chaleur,
    nous allons recevoir nos premiers invités : l’ oncle et sa compagne, sa fille, la famille catalane qui nous a trouvé ce ‘’paradis’’ inespéré.

    La gaieté accompagne le repas. Maman est, pour une des premières fois depuis longtemps : souriante et c’est communicatif.
    Elle se démène avec son gros ventre.

    Dans la maison se trouve un vieux phonographe avec une pile de vieux 78 tours. La voix de Tino Rossi entonne « Petit Papa  Noël ».

    Toc ! Toc ! Toc. On frappe à la porte. Effrayée, je me blotti dans les bras de papa.
    Qui arrive ?
    La porte s’ouvre en grand.
    Le bonhomme vêtu de rouge est sur le seuil, les bras chargés de cadeaux.
    Mon premier Père Noël :
    La poupée que je découvre est presque aussi grande que moi, ma sœur, la bout en train, a décidé de faire du tricycle dans la maison.

    Cette nuit là, pour la première fois depuis notre arrivée en France, ce rêve tenace ne viendra pas troubler mon sommeil :

    « Je suis couchée dans mon lit, une spirale tournant à toute vitesse et venant de très loin, me submerge et m’ emporte dans un vide sans fin. Je tombe, je tombe, je ... »








  • Réveilles toi, nous sommes arrivés

    Arrivée dans la nuit glaciale






    - « Réveilles toi, nous sommes arrivés ! »

    - « Mais où sommes nous ? …
    Allons nous changer une fois de plus de train ?
    Non, c’est fini, nous sommes arrivés à destination. »

    Je suis tout engourdie, j’ai froid, ma sœur Joséphine dort dans les bras de maman.

    Dans le hall désert de la gare un couple nous attend.

    On me présente le tonton Joseph et sa compagne .
    Je ne comprends pas ce qu’ils me disent, ils ne parlent pas comme nous !

    Joseph est le frère aîné de maman, celui qui en 1940 n‘est pas rentré avec ses parents , frères et sœurs en Espagne ; car il était condamné à mort par la police franquiste.

    Nous avons pris à pied la rue de la République. Par une nuit glaciale. Le Mistral souffle fort, emportant tout sur son passage, désormais il va falloir s’accoutumer !

    Nous sommes le 26 février 1954.

    La fièvre me fait grelotter, face à la statue de Frédéric Mistral, mon oncle me roule dans une couverture, c’est le début d’une longue série d’angines .

    Nous traversons la cité, pour arriver dans un modeste appartement de 3 pièces perchés au troisième étage d’une vieille bâtisse .

    - « Bienvenue chez nous ! »

    - « Maman, je veux partir, c’est noir ici, et moi je préfère ma maison, pourquoi ?… »

    Papa agacé me demande de me taire :

    - « Tu dois dormir, demain tu verras, tu seras contente, tu vas apprendre à parler français comme ton oncle et ta tante, tout ira bien soit tranquille. »

    - « Maman demain irons nous à la plage ? »

    Elle est gênée et ne sait comment dire qu’il me faudra attendre des années avant de revoir la mer.

    Les larmes coulent sans que je puisse les retenir. J’ai mal jusqu’au plus profond de moi.

    Oh , ma maison, tu me manques, qu’est ce que je fais chez ces étrangers qui ne savent même pas parler le catalan ?

    Ma sœur se réveille en pleine forme et donne un aperçu de sa bonne humeur à la famille, bien malin qui va la faire rester tranquille.

    Qu’elle drôle d’idée de m’inscrire dans une école privée !

    On m ’a placée au fond de la classe, personne ne s’intéresse à moi. Je dois de parler Français à la patience de mon oncle et de sa belle-fille et aux religieuses le ''je vous salue Marie pleine de grâce".

    Nous ne resterons pas très longtemps chez l’oncle.
    Le climat devient progressivement pesant, trop de personnes dans un si petit espace.


    Maman commence une longue période de dépression :

    - « Nous devons trouver une pièce, n’importe quoi, mais nous devons partir d’ici ; » ne cesse-t-elle de dire. 

    Mon père fait des kilomètres à pied, de ferme en ferme pour demander de l’embauche.

    Les nouvelles vont vite, lorsque la petite communauté espagnole a été avertie de notre arrivée, la solidarité, des gens simples et démunis, est venue à notre secours.

    Première surprise :
    Lazaro, compagnon d’infortune de mon père, au camp de concentration d’Argelès-sur-Mer puis, au bagne Franquiste, est à Avignon.

    Deuxième surprise:
    un couple de Villeneuvois, réside ici depuis la guerre civile d’Espagne:

    - « Manuel, nous avons trouvé une chambre pour vous. »

    Lueur d’espoir dans les yeux de maman.

    La campagne aux portes de la ville est belle, de grands jardins, de petites routes, des chemins odorants.

    La maison est grande et vieille !

    Nous sommes accueillis par une grand-mère, bien plus vieille que les miennes laissées en Catalogne :

    - « Alors c’est vous qui cherchez à vous loger ? »
    Elle parle moitié français, moitié espagnol, il faut la comprendre, mais c’est vite fait.

    - « Oui, même une petite pièce nous conviendrait en attendant mieux. »

    - «  J’ai une ancienne remise, si elle peut vous dépanner. Comme vous pouvez le voir il faut pomper l’eau dehors pour en avoir. Elle sort glacée. »

    - « Qui entretient le jardin? » demande mon père.

    - « Je suis trop âgée pour le travailler, si tu as le cœur à l‘ouvrage, il est à toi. »

    Elle vient d’ensoleiller notre vie.


    Entassés sur un charreton : une table, trois chaises, deux lits et quelques menues affaires, ma sœur et moi assises les jambes ballantes dans le vide… à nous la nouvelle vie.

    - « Et si nous l’achetions cette maison ? » lance mon père .

    - « Tu es complètement fou ! Nous n’avons plus d’économies,
    Tu es sans travail, sans carte de séjour.
    Tu veux que je te dise ? Moi, toutes les nuits, je rêve que je rentre au pays. »

    - «  Ne te fâches pas, j’essayais simplement te faire sourire. »

    - « Tu oublies qu’en janvier prochain nous aurons un enfant de plus ? Comment allons nous faire ? »

    - « Ne désespère pas, je vais trouver du travail. »

    Mon père, avait bien prédit : la maison et le jardin, un peu plus tard ils l’ont achetés.


    En Espagne, papa travaillait à l’usine italienne Pirelli.

    Chef d’atelier à la fabrication des chaussures et des bottes en caoutchouc.

    Dans la périphérie d’Avignon, pas d’industrie dans cette branche, il lui faut donc trouver une formation. Il a à choisir entre le bâtiment et l’agriculture. Il est devenu maçon.

    Le plus urgent est d’obtenir une carte de travail.
    Sans carte de résident, son passeport le prive pour l ’instant du statut de réfugié politique.

    La solidarité sera d’une grande efficacité. A la suite d’un stage de formation et d’un contrat de travail dans une entreprise de maçonnerie, les papiers en règle lui ont été délivrés.

    Je continue à rêver de ma terre natale en sanglotant dans mon lit chaque soir. Je surprends maman à pleurer elle aussi.


    Fini les vacances. C‘est la rentrée dans une nouvelle école publique.
    C’est super, nous sommes entre italiens, arméniens, français et les deux catalanes.
    Il y a aussi Marie-Paule qui est et restera ma meilleure amie .


    Toutes ces communautés ont connu les mêmes galères que nous.
    A la maison nous parlons catalan en famille.

    Lorsque nous allons faire les courses dans les grands magasins les vendeuses font rougir maman en lui disant :

    - « Je ne comprends pas ce que vous dites !  Appliquez vous, parlez français ! »
    Ca me rend folle de rage.

    Maman a appris ce qu’elle connaît en français à Lectoure.
    C’était lors d’une première exode de sa famille , vers la France, pour cause de guerre civile.

    À suivre……













  • Petite enfance, ou comment devenir grand


    Il était une fois dans un pays voisin…..

    Cette histoire c’est une tranche de ma vie d’enfant telle que ma mémoire me la restitue.

    Jusqu’à l’âge de cinq ans, tout n’était qu’insouciance et bonheur. J’étais la petite fille modèle des livres de contes,
    Nous habitions une jolie petite ville au bord de la mer.

    Mon quotidien était fait de rires, de baignades, de bagarres avec ma petite sœur, l’enfant terrible de la famille.

    En 1954, janvier pour être plus précise, après des fêtes joyeuses, tout à basculé.

    Un matin en me réveillant, maman nous a tenu ces propos :

    « Il va falloir être très sages, nous allons devoir partir.
    Il ne faut en parler à personne, j’aimerai que tu rassemble tes jouets les plus gros pour les donner à ta petite cousine »

    Le choc ! Partir….. Donner ma grande cuisinière, mon petit vélo ! Mais c’était donc grave !

    Oui c’était TRES GRAVE.
    Dans la nuit nous avons quitté l’appartement, oh nous ne sommes pas allés bien loin.
    Des voisins nous ont cachés pendant une semaine, interdiction de sortir, il ne fallait pas que l’on puisse les soupçonner de nous héberger !

    Par une froide nuit de Février 54, nous voilà traversant tels des fantômes cette ville si chère à mon cœur, pour nous retrouver dans un hall de gare glacial, désert où seule une cousine en larmes était venu nous dire Adieu.
    C’était la maman de la petite à qui j’avais donné mes trésors, la seule à savoir que nous partions sans connaître notre destination.



    Ni mes oncles et tantes, ni mes cousins ne surent ce soir là que nous les quittions pour de longues années.

    Cette nuit là j’ai « vieilli » d’un seul coup.

    Nous n’étions ni des voleurs, ni des truands, nous étions des gens respectables, mais pour qui la fuite était la seule façon d’échapper à la torture, à la prison pour mon père actif militant pour la liberté et les droits de l’homme.

    Chose incroyable, mon père, libre penseur, anti-clérical, a du notre salut à un évêque qui lui a fait parvenir un passeport pour lui et sa famille, par l’intermédiaire du curé de la paroisse.

    « Caches toi avec les tiens.
    Ils vont venir t’arrêter, prends ces papiers, tiens toi prêt à disparaître sans laisser de traces.
    Ne dis à personne où tu vas, car la torture est une façon très courante pour faire parler. »

    à suivre

  • Pour tous ceux qui.....

    ont loupé la diffusion du documentaire El Ejido, la loi du profit , rien n'est perdu.

    Vous pouvez vous incrire sur le site ARTE :

    http://www.arte.tv/fr/programmes/242.html date du 24 mai 2007.

    Cela vaut le coup de le voir.


    C'est l'avertissement d'une catastrophe écologique sans précédent !

     

  • Hello Maëla !

    J O Y E U X  A N N I V E R S A I R E   M A E L A.

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    Nous te faisons pleins de bisous.............

    ET TE DISONS QUE NOUS T'AIMONS.

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  • Un peu tolérance Mesdames !

    Je ne sais si vous avez remarqué à quel point les femmes, en particulier, sont acides envers la candidate à la présidence.

    Je suis estomaquée d'entendre leurs remarques et leurs critiques :

    Incompétence, manque de carisme, elle se change à tout vous de champs, elle manque de goût.... et j'en passe.

    J'ai envie de leurs dire à toutes, vous êtes "jalouses", vous qui n'avez même pas le cran de prendre des responsabilités dans vos communes, vous qui ne cessez de porter des jugements retroussez vous les manches et impliquez vous dans la vie associative et ensuite nous jugerons ce que vous êtes capables de faire !

    Raz le bol de ces jugements à l'emporte pièce où il n'est répété que des critiques pour faire comme vos voisins ou vos patrons.

    O U F F F F  je me sens mieux,

    Allez bonsoir.....

  • Tous chez Jupi !

    Aujourd'hui je tiens à souhaiter longue vie, non à une personne, mais à un blog !

    Ce blog est plein de soleil, de recettes, de sensibilité, et parfois de tristesse.....

    Si vous aimez la Provence et tout ce qui découle de cette belle région, je vous invite à rendre visite à mon ami Jupiter sur :

    http://la-cachina.over-blog.com/

     

    Longue vie à ton blog Jupiter.....

    Pour toi ces quelques fleurs.
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